Les sanctuaires baleiniers,
unique solution contre la reprise de la chasse
En juin 2006, pour la première fois depuis l’instauration
du moratoire de 1986 qui interdit la chasse à la baleine, le
Japon a réussi à rallier la moitié des pays membres
en faveur d’une résolution lourde de menaces… La
Commission Baleinière Internationale a reconnu que «
le moratoire n’est plus nécessaire » et que «
les baleines qui engloutissent des quantités monstrueuses de
poissons sont responsables de l’effondrement des stocks »
!!
Face à cette avancée significative des pays «
chasseurs », il est urgent de réagir en créant
de nouveaux sanctuaires.
Pourquoi
faut-il des sanctuaires ?
Les sanctuaires
sont des zones protégées dans lesquelles la chasse
est interdite même en cas de levée du moratoire. Ils
sont donc autant de refuges où les baleines pourront vivre en
paix. Ils doivent être judicieusement choisis afin de préserver
les régions où les baleines se rassemblent pour se reproduire,
celles où elles vont se nourrir, ainsi que les grandes voies
de migration. La multiplication des grands sanctuaires est la seule
solution capable d’assurer l’avenir à long terme
des cétacés, et de permettre aux espèces les plus
touchées de reconstituer leurs populations après des décennies
d’exploitation.
Enfin, d’un
point de vue scientifique, les sanctuaires permettent de multiplier
les observations et d’en tirer bien plus de renseignements sur
la biologie et le comportement des cétacés que l’analyse
des cadavres !...
Les
deux grands sanctuaires baleiniers actuels
La Commission Baleinière
Internationale (C.B.I.) est habilitée à désigner
ces aires de protection à l ‘échelle des océans.
Elle en a adopté 3 depuis sa création. Il n’en subsiste
aujourd’hui plus que 2. Le plus ancien, décrété
dès 1938 et qui couvrait la zone la plus isolée du monde,
au sud de l’Océan Pacifique, ne fut maintenu que jusqu’en
1955.
- Le sanctuaire
de l’Océan Indien
Proposé par les îles Seychelles, il entre en vigueur en
1979 pour 10 ans. La C.B.I. le reconduit une première fois en
1989, puis décide de le renouveler indéfiniment à
partir de 1992. Ce sanctuaire couvre la majeure partie de l’Océan
Indien, à cheval sur l’Equateur (plus exactement : au nord
de l’Equateur, il s’étend depuis l’Afrique
jusqu’à 100° Est, et englobe la mer Rouge ainsi que
le golfe d’Oman. Au sud de l’Equateur, il descend jusqu’à
40°de latitude sud et s’étend de 20° Est à
130° Est). Il correspond à l’une des aires de reproduction
des cétacés de l’hémisphère sud.
- Le sanctuaire
de l’Océan Austral
Adopté en 1994, sur une proposition de la France, il est lui
aussi renouvelé tous les 10 ans. Il forme un large anneau de
50 millions de km2 (14% de l’océan mondial) autour du continent
Antarctique, et couvre la majeure partie de l’océan Austral
qui borde ce continent. Il constitue la zone de nourrissage de la plupart
des grands cétacés de l’hémisphère
sud.
De nombreux sanctuaires régionaux
À côté
des sanctuaires définis par la C.B.I., de nombreux Etats ont
instauré des aires de protection nationales dans les eaux placées
sous leur juridiction (Zone Economique Exclusive). Le premier sanctuaire
de ce type remonte à 1972, dans la Baja Californie sur la côte
ouest du Mexique. Depuis, leur nombre croît de façon exponentielle.
Bien que de taille
plus modeste, ces aires ont une importance tout aussi considérable.
Surtout lorsque les pays qui les mettent en place sont voisins, tels
les onze pays du Pacifique Sud qui ont décidé récemment
de protéger les baleines dans leur ZEE : l'Australie, les îles
Cook, Fidji, la Polynésie Française, la Nouvelle-Calédonie,
la Nouvelle-Zélande, Niue, la Papouasie-Nouvelle-Guinée,
Tonga, Samoa, et le Vanuatu. Ensemble, ils offrent en effet un immense
havre de 28 millions de km2 ! Un havre où les baleines peuvent
venir mettre bas et s’accoupler en paix.
Dans le même cadre régional, la France, l’Italie
et Monaco ont créé le premier sanctuaire international
de Méditerranée : Pelagos. Ce sanctuaire
couvre un triangle compris entre Hyères, la côte nord de
la Sardaigne, et Fosso Chiarone (situé au nord de Rome), dans
lequel on observe en été les plus grandes concentrations
de cétacés de toute la Méditerranée.
Enfin, la France vient de présenter, en juin 2006, un projet
pour les îles des Antilles françaises (Guadeloupe et Martinique)
dans le but de rallier les pays voisins, afin d’élargir
ce sanctuaire à la majeure partie de la zone Caraïbes.
Des projets
de sanctuaire qui tardent à voir le jour
Soucieux de la montée
des « pays pro-chasse », plusieurs membres de la Commission
Baleinière Internationale réclament depuis des années
la création de grandes aires protégées au large
de leurs côtes. C’est le cas du Brésil, de l’Argentine
et de l’Afrique du Sud qui, depuis 1998, plaident pour un sanctuaire
couvrant l’Atlantique sud. C’est aussi le cas de l’Australie
et de la Nouvelle-Zélande qui appellent à la création
d’un sanctuaire dans le Pacifique sud-ouest (au sud de l’Equateur,
entre la Papouasie-Nouvelle-Guinée et la Polynésie française).
Ce sanctuaire, défendu par de nombreux pays du Pacifique sud,
est essentiel car il inclut les zones de reproduction de nombreuses
baleines. De plus, il expulserait les Japonais de l’un de leurs
terrains de chasse favoris…
Mais, pour être
adoptés, ces projets doivent recueillir la majorité des
¾, lors des votes. Ils n’ont jamais pu atteindre ce score,
car ils se heurtent au blocage imposé par le Japon et ses alliés
qui représentent maintenant la moitié des membres de la
CBI.
Pourtant, l’instauration
de ces zones protégées est la seule façon de préserver
les cétacés contre la chasse pratiquée, en dépit
du moratoire, par le Japon, la Norvège et l’Islande. Les
prises de ces pays ont atteint plus de 2.000 baleines en 2005. Pire,
elles augmenteront encore en 2006 !....
Pour une
observation responsable des baleines
Cette activité
connaît un succès grandissant. D’après le
Fonds International pour la Protection des Animaux (IFAW), elle se développe
dans plus de 80 pays et territoires, et pèse plus d’1 milliard
de dollars ! Grâce à cet engouement de l’opinion
publique, qui exprime ainsi son intérêt, l’observation
responsable des baleines offre une véritable alternative économique
à la chasse.
Elle
constitue aujourd’hui une solution durable qui contribue à
la protection des baleines car elle pousse les pays à promulguer
de nouvelles aires protégées où cet écotourisme
peut se développer, moyennant un code de conduite strict et respectueux
des cétacés.
Elle offre le bonheur
d’une rencontre avec les cétacés, moments magiques
inoubliables !!!