« L’aquaculture de poissons carnivores
se résume à faire une plus value financière
aux dépens des écosystèmes, des pêcheurs
artisans et des consommateurs les plus pauvres !»
Les plantes
et les animaux herbivores (coquillage et carpes) représentent
45,3Mt soit plus de 88% de l’aquaculture mondiale.
Avec moins de
6 millions de tonnes, les poissons marins, poissons anadromes et
crustacés ne représentent que 11 % de la production.
C’est pourtant l’élevage de ces animaux carnivores
qui pose le problème majeur.
Les limites naturelles de l’élevage de poissons carnivores.
En effet, ces poissons et crustacés carnivores sont nourris
avec de la farine de poissons sauvages (anchois, sardines, merlan
bleu, maquereau, chinchard…), appelés poissons «
fourrage » ! Pour simplifier, il faut en moyenne 5 kg (entre
3 kg pour le saumon et 20 kg pour le thon rouge) de poissons sauvages
de basse qualité pour faire grossir un poisson carnivore
de 1 kg en élevage.
La farine de poisson est utilisée pour l’élevage
des poulets (+ de 55%), du porc (20%), du bétail (8%), l’aquaculture
(15 %), et pour des compléments alimentaires pour animaux
de compagnies.
Chaque année,
dans le monde, on pêche en moyenne 30 millions de tonnes de
poissons « fourrage» à utilisation industrielle
: farine, huile, engrais. Cette pêche industrielle a atteint
les limites soutenables. Dans bien des cas, les stocks sont surexploités…
Mais ces prélèvements massifs ont un impact considérable
sur l’écosystème sauvage. En effet, tous les
grands prédateurs, (morue, merlu, requins, dauphins, oiseaux,
otaries…), se nourrissent aux dépens de ses poissons
fourrage.
Un
exemple de la richesse d’un écosystème pélagique
non exploité : « Sardine Run »
- Tous ceux qui ont eu la chance de plonger sur la Côte sud-est
de l’Afrique du Sud pendant le « Sardine Run »
ont pu mesurer l’inimaginable richesse d’un écosystème
pélagique qui n’est pas exploitée industriellement.
Les sardines nourrissent 350,000 fous du cap, plus de 25,000 dauphins,
plusieurs dizaines de milliers de requins cuivres, des centaines
de milliers d’autres poissons prédateurs et des milliers
de petits pêcheurs. Ces derniers prélèvent à
la senne de plage 7,700 tonnes de sardines, chaque année
et font vivre des milliers de personnes qui peuvent acheter des
sardines et ne pourraient pas s’offrir du poisson carnivore
d’aquaculture.
L'aquaculture
de poissons carnivores renforce l’inéquité de
la répartition des ressources de la mer :
La « valorisation
» des poissons à faible valeur ajoutée (sardine,
anchois, anchovetta, merlan bleue) en poisson à forte valeur
ajoutée (thon rouge, morue, daurade, bar…), renforce
l’appropriation des ressources de la mer par les plus riches
aux dépens des plus pauvres et des écosystèmes.
En effet, les coûts de production des poissons carnivores
d’élevage sont tels que seuls les plus riches peuvent
les acheter. Même le saumon, produit à très
bas prix, reste inaccessible aux plus pauvres qui, en revanche,
pouvaient s’offrir les sardines qui ont servi à nourrir
ces mêmes saumons.