|
Posté
Dimanche 31 Janvier 2010 par Véronique
Longitude 181 Nature s'associe aux ONG qui appellent la France à soutenir l’inscription du thon rouge à l’Annexe I de la CITES, seule mesure à même de protéger cette espèce gravement menacée par la surpêche en Méditerranée.
Depuis des années, la pêche du thon rouge a atteint les limites du supportable pour les populations de Méditerranée. Depuis des années, les scientifiques tirent la sonnette d’alarme et donnent aux décideurs des quotas (poids maximum de captures autorisées) de plus en plus bas. Depuis des années, faisant fi de ces avis, et répondant au puissant lobby des armateurs thoniers, les politiques autorisent des quotas largement supérieurs. Pire, depuis des années, les captures illégales dépassent ces quotas officiels...
Résultat, les populations sont en train de s’effondrer.
L'initiative du Prince Albert II de Monaco
En juillet 2009, la principauté de Monaco a proposé la seule mesure capable d’arrêter cette spirale infernale. Le Prince Albert, très concerné par la protection de l’environnement et très actif à la tête de la fondation qui porte son nom, a proposé à la Commission européenne de demander le classement du thon rouge de Méditerranée à l’annexe I de la convention de la CITES, la Convention sur le Commerce International des Espèces de faune et de flore sauvages Menacées d'extinction ( voir notre dossier CITES )
Ce classement équivaut à interdire tout commerce international du thon rouge, et donc à en arrêter de facto la pêche industrielle !
Dans la foulée, le président Nicolas Sarkozy a déclaré avec fermeté, en clôture du Grenelle de la Mer, que la France soutenait cette proposition... avant de se rétracter. En septembre dernier, la proposition de Monaco a finalement été rejetée par l’Union européenne : les pays riverains de la Méditerranée (France, Italie, Espagne, Grèce, Malte et Chypre) ayant voté contre. Or, ce sont ces pays qui possèdent une flotte de pêche au thon rouge...
Un nouvel espoir ?
Les choses pourraient pourtant s’inverser.
Le 27 janvier, la commission environnement du Parlement européen a adopté, à une écrasante majorité, une résolution approuvant la proposition de Monaco d’une inscription du thon rouge à l’Annexe I de la CITES,
L’Italie vient de lui emboîter le pas, en annonçant qu’elle était ouverte à cette inscription et qu’elle imposera à ses thoniers un moratoire d’un an sur la pêche en échange d’une aide européenne. Ce revirement serait lié à la baisse des quotas fixés pour 2010 : ceux-ci sont en dessous du seuil de viabilité pour la filière industrielle de la pêche.
Longitude 181 Nature s'associe aux associations de protection de l’environnement qui en appellent au "courage politique" de Nicolas Sarkozy et lui demandent de faire preuve d’une vision à long terme. Une annonce claire et forte de la France en faveur de l’Annexe I pourrait débloquer la situation à Bruxelles.
L’Hexagone, qui abrite la première flotte de pêcheurs de thon rouge, pourrait faire basculer les équilibres au sein de l’Union européenne, donc les chances pour le thon rouge d’être enfin intégré à l’annexe I de la CITES, lors de la prochaine réunion de cette Convention à Doha, du 13 au 25 mars prochain.
|